La rivière du crépuscule

IMGP9439_thumb1Edition : Sombres Rets | Paru en: 2010 | Pages: 88 | Auteur: Lee Gil-Won

Je constate que je lis assez peu de poésie et pourtant à chaque fois je prends du plaisir à le faire.La poésie est un genre mouvant, qui sonne et résonne, difficile à attraper car je pense que nous devons nous laisser capturer et bercer par cette mélodie et non pas essayer à tout prix de nous l’approprier. C’est l’effet que m’a procuré ce recueil de poèmes coréens, peut être encore plus difficile à cerner si on s’y acharne, du fait de la grande divergence de culture.

Suivre l’exemple de la rivière du crépuscule, méditer sur un nuage, écouter le conte de la fleur, les avertissements des cigales, ou dire simplement ce qu’on a sur le cœur. À travers sa poésie Lee Gil-won observe le quotidien avec un humour et un franc-parler particulier, un peu à part de la mouvance naturaliste moderne. Il aime célébrer les beautés de la nature, visibles ou mystérieuses comme autant de manifestations organiques de la société. Avec ce recueil, il convie le lecteur à se nourrir d’une poésie de l’instant vivant, des connivences tristes, des vérités de l’existence ou de la joie hédoniste. La rivière du crépuscule se compose de cinquante poèmes de Lee Gil-won, traduits pour la première fois en français, illustrés par une trentaine de photographies d’Antoine Coppola.

MON AVIS

Je tiens tout d’abord à remercier Cyril, des éditions Sombres Rets, qui m’a gentiment glissé dans le recueil un petit mot manuscrit pour me souhaiter une bonne lecture. C’est une attention très gentille à laquelle je suis sensible. Merci beaucoup, Cyril, car il n’y a rien de tel qu’une attention de ce genre pour mettre de bonne humeur avant la lecture!

Le recueil est accompagné d’une préface écrite par Antoine Coppola et qui se trouve être "un court historique de la littérature et de la poésie coréenne moderne". J’ai trouvé cet historique concis, intéressant et informateur. En moins de quatre pages les mouvements d’écriture et de pensée coréenne sont très bien amenés, chronologiquement, et liés aux faits historiques qui sont à l’origine de tels mouvements. Petit bémol quant à la formulation de cette préface que j’ai parfois trouvée trop savante. Il n’est pas évident de tout comprendre à la première lecture, et un certain nombre de mots ne sont pas à la portée de tout le monde. Il y a comme un sentiment que cette préface est réservée en partie à certains initiés, par le vocabulaire et par la culture en question . Beaucoup de noms d’auteurs coréens sont cités dans cet historique et je dirai même trop de noms cités. La culture asiatique n’est vraiment pas proche de la culture occidentale et comme beaucoup d’occidentaux, je pense, les noms asiatiques ont tendance à tous se ressembler et se confondre pour moi. Au fil de la lecture de ces quatre pages, pas moyen de mémoriser les noms, ni de mettre un seul texte ou un seul visage en relation avec ces noms… Ce qui est plutôt frustrant et qui souligne un net manque de culture de ma part envers la Corée. Clairement, je suis débutante en ce qui concerne la littérature coréenne et si cette préface me donne surement envie de découvrir un peu plus, elle n’est pas totalement à la portée d’une simple débutante comme moi.

Le premier poème tombe à pic puisqu’il s’agit du poème intitulé "La rivière du crépuscule". Ce poème donne le ton car il lance une note d’espoir concernant la vie avec son dernier vers "ainsi je vivrai". Là est le fond du recueil: la vie. Globalement il s’agit d’une poésie qui célèbre la vie et l’instant de vie, que se soit le matin au lever ou le soir au coucher et par extension la naissance ou la mort. Le poète est aussi très porté sur la poésie naturaliste. La nature et ses éléments jalonnent les cinquante poèmes (la nature est toujours très présente je trouve dans la culture asiatique, on garde en image les arbres, les petits ponts, la verdure ou les marres, notamment au Japon). Le point de vue de cet écrivain est parfois très noir et très attaché à des éléments communs de la vie quotidienne, ainsi il parle du comportement humain parfois incohérent ou mauvais en se plaçant d’un point de vue animal, que se soit les cigales, le chien ou l’aigle, Lee Gil-won nous offre un aperçu des comportements humains, un reflet (négatif? mais toujours avec une pointe d’espoir) sur la société humaine et probablement sur la société coréenne tout d’abord…

Les photos d’Antoine Coppola accompagnent plutôt bien les poèmes en général mais je ne suis pas convaincue qu’elles apportent un réel plus aux poèmes. Je pense que ces derniers se suffisent amplement à eux même. Par ailleurs, moi qui aime la photographie et la pratique, je ne suis pas une grande fan de ces photos… Mais il s’agit là d’un avis totalement personnel.

La traduction se lit vraiment bien, les vers coulent agréablement bien dans la bouche et à la lecture. Une poésie agréable à lire, un recueil plutôt court, simple et rapide à découvrir. Comme de nombreux recueils de poésie, je pense qu’il est préférable d’en profiter petit à petit, un poème un soir et puis un autre dans les transports etc…

 

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Je remercie les Editions Sombres Rets et Blog-o-Book pour ce partenariat!

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