L’Assassin Royal, tome 1 : L’apprenti assassin

couv5367967L’Assassin Royal, tome 1 : L’apprenti assassin
de Robin Hobb
éditions Baam!
2008, ePub (669 pages)

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Au royaume des six Duchés, le prince Chevalerie, de la famille régnante des Loinvoyant – par tradition, le nom des seigneurs doit modeler leur caractère- décide de renoncer à son ambition de devenir roi-servant en apprenant l’existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l’égide du maître d’écurie Burrich. Mais le roi Subtil impose bientôt que FITZ reçoive, malgré sa condition, une éducation princière. L’ enfant découvrira vite que le véritable dessein du monarque est autre : faire de lui un assassin royal. Et tandis que les attaques des pirates rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu’à un fil : celui de sa lame…

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Ma lecture du premier tome de cette saga si plebiscitée s’est révélée un peu laborieuse – entendez que j’ai mis plus de deux mois à lire les 18 premiers pour-cent du livre… Et pourtant je ne peux vraiment pas dire que je n’accrochais pas à ce début de saga et que j’ai dû lutter pour continuer. Cela peut sembler vraiment paradoxal mais de mon point de vue, la mise en place du personnage de Fitz était vraiment intéressante et promettait beaucoup de ce personnage – qui n’est qu’un enfant – déjà plus profond que superficiel. Par contre le rythme est vraiment très lent au début, en tout cas c’est ce que j’ai ressenti – est-ce que c’est venu en partie de moi et des événements peu réjouissants que j’ai pu vivre dans ma vie à cette période ? En parallèle de la mise en place du personnage principal se pose aussi la mise en place des personnages « secondaires » (mais pas tant que ça quand on lit la suite) elle aussi assez riche et progressive, en petites doses bien dosées et bien placées.

« Ma plume hésite, puis échappe à ma main noueuse, laissant une bavure d’encre sur le papier de Geairepu. Encore une feuille de ce fin matériau gâchée, dans une entreprise que je soupçonne fort d’être vaine. Je me demande si je puis écrire cette histoire ou si, à chaque page transparaîtra un peu de cette amertume que je croyais éteinte depuis longtemps. Je m’imagine guéri de tout dépit mais, quand je pose ma plume sur le papier, les blessures d’enfance saignent au rythme de l’écoulement de l’encre née de la mer, et je finis par voir une plaie rouge vif sous chaque caractère soigneusement moulé. »

Robin Hobb

Robin Hobb

La plume et le style m’ont également énormément plu. Il s’agit là d’une traduction de la version originale (qui pour ce que j’ai pu voir dans quelques extraits disponibles sur le net, a l’air superbement écrite également) et je soupçonne cette traduction d’être vraiment très bonne. Le style est fluide et élégant, donnant un sentiment de langage ancien, d’histoire ancienne, comme un parchemin qu’on retrouverait dans un vieux coffre quelque part, au fin fond d’un grenier peut-être… Et pourtant avec des mots tout à fait modernes, auxquels s’ajoutent quelque vocabulaire spécifique à l’univers ici inventé par Robin Hobb.

Ce qui m’a fait énormément accrocher et persévérer dans ma lecture est ce brin de magique dans l’univers de Robin Hobb, que sont les dons du Vif et de l’Art. Le Vif est le don de se lier aux animaux, en pensée quand l’Art, presque totalement réservé à la descendance noble, est le don de projeter son esprit dans ceux des êtres humains et de converser avec eux, ou de les influencer… On apprend dès le début de l’histoire que Fitz a le don du Vif en se liant avec un petit chiot dont il va partager les sens, la vue, les pensées. Cependant le Vif est un don très mal vu dans cet univers, car il « pervertirait » petit à petit les êtres qui l’utilisent en animaux sauvages… Tout ce qui touche de près ou de loin au lien fort entre un être humain et un animal m’a toujours énormément plu (d’où mon amour inconsidéré pour la trilogie de Pullman : A la Croisée des Mondes) et je rêverais d’avoir le même don. Rien que pour ce côté de l’histoire, j’aurai persévéré dans ma lecture.

Ma persévérance a payé parce qu’une fois l’entrée du personnage d’Umbre, l’assassin actuel du roi qui va lui enseigner l’art de tuer, je n’ai plus lâché ce premier tome… Tout se déclenche, les différentes relations entre les personnages, les complots à la cour, le Vif, l’Art… Woah ! J’ai reposé le livre avec l’envie féroce de lire le second tome, ce que j’ai fait assez rapidement d’ailleurs, profitant d’un long voyage en train pour m’y mettre. Rien n’est simple pour Fitz, qui doit se battre pour se faire une place dans un milieu noble hostile aux bâtards… Et finalement c’est appréciable, car je me suis de plus en plus prise en affection pour le personnage qui doit apprendre à faire son bout de chemin et éviter les tentatives de meurtres à son encontre, tout en profitant de son don du Vif – perçu comme une malédiction – dans l’ombre. Fitz est un personnage qui gêne énormément de personnages, mais qui arrive néanmoins à se trouver des alliés, aussi peu nombreux soient-ils, des alliés très attachants également, qu’il s’agisse de Vérité, le prince régnant, son oncle ou de Burrich, l’ancien homme lige de son père qui va l’élever, à la dure mais avec beaucoup d’amour et de loyauté néanmoins.

Le tout est saupoudré d’éléments encore mystérieux pour nous en tant que lecteurs, notamment le personnage du Fou ainsi que la « forgisation », qui est un procédé utilisé par des pirates qui viennent attaquer les côtes des Six Duchés. Lors des attaques, ces pirates « forgisent » les habitants des villages côtiers attaqués et, on ne sait comment, leur ôtent tout coeur et toute âme. Les habitants sont alors dénués de sentiments et attaquent tout ce qui passe pour manger ou posséder (on est presque dans un état de zombie, si ce n’est qu’ils sont vivants et convoitent toute possession utile : nourriture, manteau…).

Star4

L’apprenti assassin est un premier tome vraiment très bien écrit et très prenant, qui souffre peut-être d’une petite longueur dans sa mise en route, mais au style certain, fluide et élégant. J’ai été happée par l’univers et le personnage principal, et je ne saurais que vous conseiller de tenter si ce n’est pas déjà fait !

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5 réflexions sur “L’Assassin Royal, tome 1 : L’apprenti assassin

  1. J’ai eu la même impression de récit très lent au début. Mais c’est sans compter le talent de Robin Hobb pour nous faire accrocher à un récit (une grande fresque finalement !).

  2. J’avais énormément aimé ce tome 1 que j’avais lu en attendant de me procurer la suite de Game of Thrones, je n’avais pas été déçue. J’ai, depuis, lu le tome 2, et maintenant j’ai hâte de m’attaquer au tome 3 (probablement cet été !!).

    • Moi j’ai bientôt fini le tome 2, mais je n’ai pas la suite donc je pense faire descendre un peu ma Pal avant d’acheter la suite… Ca me fera économiser un peu ! Mais j’avoue que je risque d’avoir bien hâte de lire la suite =D

      • Pour ma part j’ai la chance de tous les avoir, mais comme tu dis, la PAL déborde un peu (j’ai d’ailleurs failli me faire assommer par elle cet hiver xD). Il faut donc concilier les deux : AR et diminuer la PAL lol

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