Paper Money

2013_04_07_Paper MoneyPaper Money
de
Ken Follett
traduit par
Viviane Mikhalkov
Edité par Le Livre de Poche
2013, 336 pages

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Londres, années 1970. Un homme politique s’éveille au côté d’une rousse sulfureuse, tandis qu’une Rolls-Royce guette au pied de l’immeuble. Au même moment, un mafieux rassemble ses hommes de main et un magnat de l’édition décide de se retirer des affaires. Alors que le soleil se lève, leur vie va basculer. Détournement de fonds, chantage, tentative de suicide, OPA, tirs de chevrotine… Des événements en rafale, sans rapport apparent, que les journalistes de l’Evening Post parviendront à recouper de justesse en une seule et même histoire pour l’édition du soir. Ils ne se connaissent pas tous mais, avant le crépuscule, tous seront emportés dans la course folle d’un convoi de billets de banque…

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Paper Money est un roman de Ken Follett qui a rencontré peu de succès à sa sortie, Ken Follett explique lui même dans la préface que :

“De tous mes livres boudés par le puclic, Paper Money est à mon sens le meilleur.”

Bien que n’ayant pas lu les deux autres romans auxquels il compare Paper Money : L’Arme à l’Oeil et Le Scandale Modigliani, je suis capable de remarquer le point fort de Paper Money : la construction fine, très élaborée et aboutie de la trame de l’histoire. Chaque petit détail lié à chaque personnage et disséminé au détour des différents chapitres est important et prend tout son sens à un autre moment de l’histoire, avec un personnage différent. Dans ce roman, rien arrive par hasard, tout est magnifiquement orchestré. Ce qui m’a plu par ailleurs est que jamais je n’arrivais à prévoir les nouveaux enjeux et coups politiques et financiers sous jacents qui venaient impacter de manière significative cette fameuse trame à la construction maitrisée.

“Ces livres partagent en effet la caractéristique de ne pas avoir de héros central, mais une multitude de personnages dont les histoires se déroulent en parallèle”

ken-follet-retratoL’entrée par différents personnages (un chapitre est dévolu à un personnage) est une entrée que j’apprécie de manière générale, car elle implique un point de “collision” à venir, un point de rencontre de tous ces personnages. Ce point de rencontre constitue tout le fond du suspense : quand vont-il se rencontrer, pourquoi et surtout comment ? Ce moment particulier est souvent le moment où l’intrigue atteint son paroxisme, et Paper Money n’échappe pas à la règle, d’autant que comme je l’ai déjà dit, la trame de l’intrigue est parfaitement orchestrée par l’auteur. Malgré tout, je n’ai jamais été frustrée de quitter un personnage en fin de chapitre, ce que j’ai trouvé un peu dommage parce que cette frustration participe normalement de l’envie de connaitre la suite rapidement. Elle représente également le bon signe que je m’attache aux personnages et ça n’a pas été le cas dans ce roman, que j’ai trouvé un peu distant et froid.

Pour compléter les explications de M. Follett, Paper Money est un roman construit par tranches horaires d’une heure, de 6h du matin à 16h. Pour les adeptes de 24h Chrono, vous retrouverez ce qui fait la caractéristique de cette série dans ce roman dont la construction est similaire. Je pense que ce schéma a été choisi par l’auteur pour donner du rythme au roman… Et pourtant je n’ai jamais ressenti d’urgence durant ma lecture, j’avais même la sensation que certains chapitres duraient des heures au sein de l’histoire, alors qu’ils ne pouvaient techniquement durer plus d’une heure. Je n’ai de fait pas vraiment adhéré à ce schéma type “24h Chrono” car il manque à mon goût un rythme vraiment soutenu dans les chapitres. Tout est tellement bien maitrisé et posé que ça s’en ressent à la lecture.

La plus grande qualité de Ken Follett à mes yeux reste sa plume. Je n’ai pas lu la version originale, mais la traduction coule toute seule, comme le plus doux met peut couler sur la langue, ce qui me laisse supposer que l’écriture en VO doit être un vrai délice (j’ai d’ailleurs Les Piliers de la Terre à lire en VO, ce sera donc pour une autre fois !). Même si l’histoire ne pas pas happée et que je ne suis pas autant rentrée dans l’intrigue que je l’avais espérée, une fois la lecture commencée, les phrases et les pages sont passées sans anicroche, avec une simplicité surprenante et un plaisir certain pour ce style et cette plume.

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Un roman très bien construit bien qu’un peu froid.

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Merci beaucoup aux Editions Le Livre de Poche et à Livraddict pour ce joli partenariat !

Le Démon du vitrail (The Glass Demon)

le-d-mon-du-vitrail-353272-250-400Auteur : Helen Grant | Genre : Fantastique | Edition : France Loisirs | Publié en : 2011 | Pages : 420 | Prix : 18.50 euros

J’ai eu l’occasion de recevoir gratuitement ce livre, ainsi que Damné (tomes 1&2, de Hervé Gagnon), lors de mon inscription au club France Loisirs il y a peu de temps.

Lin a dix-sept ans, Son père décide de s’installer avec sa famille dans un village allemand pour mener des recherches : retrouver des célèbres vitraux médiévaux qui, selon la légende, seraient hantés par un démon. Quiconque s’en approche serait condamné à mort. C’est Lin qui découvre le premier cadavre… entouré d’éclats de verre brisé.

 

Mon avis :

Je suis plutôt ravie de mon choix pour ce cadeau d’inscription. Je dois avouer que je me suis d’abord tournée vers ce roman pour sa couverture, qui a attiré mon regard, et comme en plus j’apprécie beaucoup tout ce qui touche aux démons et aux anges dans la religion… J’espérais vraiment faire un bon choix !

Ce roman réussit assez bien à fournir un climat de doute et de suspense, tout au long des pages, ce qui est vraiment appréciable. Les personnages principaux ne sont pas forcément classiques, au contraire ils sont pour certains vraiment originaux, et ça fait du bien de lire des personnages un peu inhabituels, même si dans le fond, aussi ordinaires que vous et moi (ou presque !).

Malheureusement je ne peux pas vous dévoiler beaucoup du contenu du roman dans cette chronique, parce que je ne souhaite pas vous gâcher la chute de cette histoire. Il n’empêche que tout au long de cette lecture, je ne savais jamais trop si les meurtres qui étaient commis, étaient l’acte d’un être humain ou bien de Bonschariant, le démon du vitrail. Je me suis vite prise au jeu et au doute, comme Lin, refusant de croire tout d’abord au démon, pour ensuite me laisser convaincre de son existence…

J’ai été étonnée à plusieurs reprises par le narrateur, qui se trouve être Lin en personne. En effet, elle raconte son histoire après l’avoir vécue en intégralité et dès le début du livre, elle donne des bouts de phrases permettant d’accéder (ou non d’ailleurs) aux évènements à venir. J’ai eu une première réaction d’agacement, parce que j’avais le sentiment que trop été dévoilé, puis je me suis rendue compte que ces éléments divulgués soigneusement et au compte gouttes me faisaient émettre un certain nombre d’hypothèses de scénarios, et assez vite, je me suis mise à les accueillir avec intérêt, afin de trouver moi même les réponses aux questions soulevées au dur et à mesure du roman.

Si vous aimez la littérature de jeunesse, et les histoires de démon, je vous conseille cette très bonne lecture, au style simple et clair. 

 


Très bon roman de détente

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Ceux qui sauront

9782290020586-ceux-qui-saurontAuteur : Pierre Bordage | Genre : Science-Fiction | Edition : J’ai Lu | Publié en : 2012 | Pages : 318 | Prix : 6.80 euros

J’ai pris un peu de temps avant de rédiger cette chronique, voici donc mon avis deux semaines environ après avoir refermé ce roman.

Et si la Révolution française n’avait pas eu lieu ? Voici le portrait d’une France qui ne fut jamais, où une minorité d’aristocrates continue, aujourd’hui, d’asservir les masses populaires, notamment en interdisant l’instruction. Jean, fils d’ouvrier, en fait la dure expérience lorsqu’une descente de police met un terme brutal aux cours qu’il suit clandestinement. Incarcéré, puis libéré par la Résistance, il devient un hors-la-loi. Clara, elle, est née du bon côté de la barrière. Pourtant, la vie dorée qu’on lui impose et les inégalités dont souffre son pays la révoltent. Deux personnages, un destin commun : changer le monde…

 

Mon avis :

Je garde une bonne impression de ce petit roman de science fiction. Il s’est révélé une lecture plutôt agréable, sans difficultés, et même prenante puisque j’ai gardé tout au long du livre l’envie de savoir ce qui allait bien pouvoir se passer après les quelques pages que j’étais en train de lire. Il m’a même été un peu difficile de le lâcher par moments, pour aller me coucher.

Ceux qui sauront est mon premier contact avec le genre littéraire de l’uchronie. Ce genre consiste à imaginer ce que serait le monde si un évènement du passé avait eu une issue différente. Toute uchronie repose sur ce simple questionnement : "Et si… ?", comme par exemple: “Et si Hitler avait gagné la seconde guerre mondiale?”. Dans Ceux qui sauront, vous l’aurez compris, il s’agit donc de la question “Et si la Révolution française n’avait pas eu lieu?”.  J’ai apprécié cette première rencontre avec ce genre littéraire, et je suis curieuse d’en découvrir davantage !

Néanmoins je garde également un sentiment de manque. Je pense que l’univers abordé dans ce roman par Pierre Bordage n’est pas assez développé. D’ailleurs, le monde décrit est comme figé au XVIIIème siècle, le personnage de Jean s’en rend d’ailleurs compte au cours du roman. Même si des arguments sont donnés et acceptables (voire crédibles) pour la société française, je ne sais pas s’il est totalement recevable que le monde entier ait stagné de la même manière: pourquoi la société chinoise ou japonaise en serait exactement au même point sachant que leur système était déjà différent ? Je pense que le roman manque un peu d’approfondissement et d’arguments le rendant totalement crédible. Il se termine d’ailleurs un peu vite et trop facilement… Je reste donc un peu sur ma faim en ce qui concerne l’univers du roman.

Les personnages m’ont plu, je me suis attachée à eux et plus particulièrement à Jean, que j’ai trouvé touchant. C’est un personnage qui se révèle, à mon goût en tout cas, compréhensif et avec une certaine profondeur. La force de ce roman émane à mon avis des personnages, qui se révèlent tous intéressants.

Je sais qu’il existe une suite, dont le titre est Ceux qui rêvent, je la lirai très volontiers, rien que pour le plaisir de retrouver le personnage de Jean.

 


Roman très agréable à lire

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La Trilogie Berlinoise, tome 2: La Pâle Figure

Je remercie les Editions Le Livre de Poche et Livraddict pour ce partenariat!

Remarque préalable : J’ai décidé de chroniquer cette trilogie par tome. Je la possède en un volume de 1015 pages mais il me semble que cette solution est plus pertinente. La séparation de chacun des trois tomes est par ailleurs très marquée dans ce livre.

 

Editions: Le Livre de Poche| Paru en: 2010 | Pages: 331 | Auteur: Philip Kerr

51355037J’avais comme abandonné la lecture de cette trilogie qui ne me captivait jamais. Chaque fois que j’essayais de lire un peu plus de cette saga, chaque fois je m’ennuyais. Je n’étais peut être tout simplement pas prête à lire ces romans ?

Seulement voilà, abandonner, et ne pas donner une véritable seconde chance à cette trilogie me faisait un peu culpabiliser (même si cela peut paraitre étrange). Malgré le manque de temps indéniable pour lire autant que je le souhaiterais pendant cette dernière année d’études, j’ai décidé de prendre un peu plus de temps pour lire, et avec beaucoup de volonté et de motivation, j’ai décidé de le faire accompagnée du second tome de La Trilogie Berlinoise!

Septembre 1938. Tandis que la ville croule sous la chaleur, les Berlinois attendent avec anxiété l’issue de la conférence de Munich. Engagé par une riche veuve pour retrouver l’individu qui la fait chanter, le détective privé Bernhard Gunther se trouve plongé, lui, dans les méandres de la médecine psychiatrique moderne… avant de se voir contraint par Heydrich de prendre les rênes d’une enquête bien particulière : retrouver le tueur en série qui hante les rues de Berlin depuis quelques semaines, s’attaquant à des adolescentes. Mais s’il obtient le privilège d’être nommé « Komissar », Bernie est encore loin d’imaginer que son investigation le mènera au plus profond des coulisses du pouvoir nazi… là où même lui, le cynique que rien n’étonne, se laissera surprendre par « le criminel à la pâle figure »… Après le Prix du Roman d’Aventures 1993 et Le Masque de l’Année 1994, Kerr nous éblouit et nous terrifie une fois de plus avec son détective privé dans les affres du Ille Reich.

 

MON AVIS

Je n’ai pas tellement l’habitude de lire des romans policiers, ou à suspense, car il ne s’agit pas d’un genre littéraire que j’affectionne particulièrement (sans pour autant être incapable d’apprécier certaines lectures de ce genre). Néanmoins je dois avouer que cette fois ci, alors que je n’ai pas lâché la lecture de ce second tome, je suis tombée dans l’envie de découvrir qui, pourquoi, et comment le meurtrier allait être mis à jour.

Je vais commencer par nuancer un peu cette envie dans laquelle je suis tombée, en précisant que je continue de trouver cette écriture un peu lente, parfois ennuyeuse. J’ai mis du temps à trouver l’envie d’en savoir plus, qui vient après plusieurs dizaines de pages.

Cette trilogie comporte à mes yeux deux points forts, le premier étant le personnage central, Gunther. C’est un personnage riche et humainement complexe, que l’on continue de découvrir dans le second tome. J’apprécie ce personnage, qui sonne comme un compagnon de voyage, un compagnon de route, si ce n’est un mentor. Dans cette lecture je ne m’identifie pas au personnage central, mais j’arrive parfaitement à me situer à son côté. D’une certaine manière, c’est très plaisant, car on vit la même chose, on voit les même choses, et pourtant on reste surpris par la capacité d’analyse de Gunther, et on est à même de le découvrir petit à petit, comme il serait possible de le faire dans notre vie de tous les jours.

Le deuxième point fort est incontestablement la période historique et les lieux où se déroule cette trilogie. On sent que le roman succède à une recherche approfondie. L’écriture est documentée et on prend plaisir à juxtaposer des personnages qui ont existé, des faits particuliers, à un déroulement fictif qui vient expliquer pourquoi ils ont eu lieu, et comment cela s’est passé, vu de l’intérieur, d’autant plus par un personnage connaissant les rouages et abus des dirigeants allemands de l’époque. Cette période historique implique une atmosphère pesante, une atmosphère de terreur, que l’écriture de ce roman retranscrit finalement très bien. C’est peut être d’ailleurs ce qui me faisait fuir à chaque nouvelle tentative de lecture?

A la fin de ce second tome, je me demande ce qui va tenir en haleine le lecteur dans le troisième tome, puisque rien n’est laissé inachevé, sans résolution. Je suis curieuse de le découvrir.

Petite réflexion du moment: je pense que ces romans pourraient donner de très bon films!

 

Crazy Caraïbe

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“Cinq années s’étaient écoulées depuis le jour de juin 1933 où, incapable de tolérer plus longtemps les purges qu’opérait Goering au sein de la police, j’avais renoncé à mon titre de Kriminalinspecktor pour devenir le détective de l’hôtel Adlon. Quelques mois de plus et ma hiérarchie m’aurait, de toute façon, renvoyé. Si quelqu’un à l’époque m’avait dit que je reviendrais à l’Alex sous une casquette d’officier supérieur de la Kripo alors qu’un gouvernement national-socialiste était toujours en place, je l’aurais traité de fou.”

 


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